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QUATRIEME PARTIE
1 Où l’affaire de La Villette tourne au scandale Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Comme nous l’avons vu à la fin du précédent chapitre, les dirigeants du syndicat de la boucherie en gros se montraient très pessimistes en cette fin d’année 1969. Ils avaient en effet toute raison de l’être.
Le mardi 17 juin, une assemblée générale d’information, destinée aux membres du Syndicat de la boucherie en gros et au Syndicat des mandataires à la vente en gros des viandes de La Villette avait eu lieu dans la salle des maquettes de la Société d’économie mixte. Ce jour-là, les chevillards avaient découvert que les problèmes soulevés par l’exploitation du nouvel abattoir étaient relativement moins graves que ceux auxquels ils allaient être confrontés, tant sur le plan technique que financier, avec la réalisation de la salle de vente.
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2 Le commencement de la fin Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
C’est véritablement à la fin de 1970 que ce grand navire qu’était le complexe de La Villette commença à donner de la bande.
Tandis que certains étaient bien décidés à lutter jusqu’au bout pour lui éviter de sombrer, d’autres, jugeant que le bateau était en perdition, songeaient maintenant à le quitter.
Au cours de la séance du Conseil d’administration de la S.E.M.V.I. du 5 mars 1970, M. Diebolt, Commissaire du Gouvernement auprès de cette société, fit le point de la situation. Après avoir rappelé les événements qui avaient marqué la fin de l’année 1969, il souligna l’importance du coût financier de l’opération :
"Je dois rappeler, dit-il, que selon l’étude effectuée par votre société, la nouvelle estimation du coût de l’opération s’établirait en francs courants à 1.000 millions, frais intercalaires et charges annexes non compris."
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3 L’année de tous les dangers Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Comme nous l’avons vu, le gouvernement avait manifesté sa volonté de voir l’abattoir de La Villette arriver d’ici à deux ans à une exploitation équilibrée, c'est-à-dire d’obtenir ce que d’aucuns appelaient"le petit équilibre", à savoir un équilibre atteint en faisant abstraction des charges d’amortissement de la dette .
En vertu de quel critère avait-on fixé la période probatoire du petit équilibre à deux ans, nul ne le savait. Ne s’agissait-il pas d’un leurre destiné à détourner l’attention des professionnels de La Villette pendant qu’on construirait un marché de la viande à Rungis ? Croyait-on vraiment, en haut lieu, qu’il suffisait d’équilibrer le compte d’exploitation du bâtiment d’abattage pour sauver le complexe inachevé ? Autant de questions auxquelles, aujourd’hui encore, il est difficile de répondre.
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4 L’ étau se resserre Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Le 19 mai 1971, les membres du nouveau Conseil d’administration de la Société d’économie mixte d’Aménagement et de Gestion du Marché d’Intérêt National de Paris-La Villette (S.E.M.V.I.) se réunissaient pour prendre connaissance des instructions des autorités de tutelle concernant la réorganisation du marché de la viande dans la région parisienne intéressant les marchés de La Villette, de Rungis et des Halles centrales.
Dans la lettre qu’il avait adressée au commissaire à l’Aménagement du M.I.N. de la région parisienne, le Gouvernement confirmait les décisions prises le 6 août 1970, qui se résumaient en trois points :
- maintien en activité de l’abattoir en donnant à la S.E.M.V.I. pour objectif de réaliser l’équilibre du compte d’exploitation dans un délai de deux exercices ;
- lancement d’une opération immobilière sur les terrains disponibles de La Villette ;
- réalisation d’un marché de la viande à Rungis pour y achever le transfert des Halles.
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5 Les derniers soubresauts Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Le 31 mai 1972, le Journal Officiel publiait un arrêté interministériel en date du 26 mai 1972, portant "Révision de la liste des produits vendus sur les marchés d’intérêt national et, le cas échéant, protégés".
On peut imaginer l’émotion qui s’empara des grossistes de La Villette après la publication de cet arrêté . Ce dernier risquait en effet, comme nous allons le voir, de porter un coup mortel au complexe. En voici le texte :
ART. 1er. La liste des produits vendus sur le marché d’intérêt national de Paris-La Villette et donnant lieu à l’application des mesures d’interdiction définies à l’article 5 de l’ordonnance susvisée du 22 septembre 1967, fixée à l’article 1er (16°) de l’arrêté susvisé du 13 juin 1969, est remplacée par la liste suivante :
"Les animaux de boucherie et de charcuterie, à l’exclusion des animaux des espèces chevaline, asine et mulassière.
"Les viandes et abats de boucherie et de charcuterie provenant d’animaux abattus aux abattoirs de La Villette.
"Les cuirs et peaux verts ."
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6 Une page d’histoire est définitivement tournée Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
En ce début d’année 1973, tout le monde savait que le M.I.N de La Villette ne pourrait survivre à l’interdiction de vendre des viandes foraines. À moins que le Conseil d’État n’annulât l’arrêté du 8 décembre 1972, le complexe était condamné à l’asphyxie.
Pour certains, le recours introduit contre ce deuxième arrêté se présentait dans des conditions plus favorables que le premier, mais encore fallait-il que le Conseil d’État rendît son arrêt avant que la clientèle n’ait totalement déserté La Villette.
En attendant, seule la venue d’un faiseur de miracles pouvait désormais sauver le complexe. On put croire, en février 1973, un mois avant le premier tour des élections législatives que cet homme existait en la personne de M. Pierre Dabezies, candidat de la majorité dans le XIXe arrondissement.
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